JOUR 4 – LE RESUME

Au quatrième jour de l’ARWC 2026, une équipe s’est nettement détachée en tête : Luberon MUC. À leur passage à l’aire de transition 7, installée sur la plage de Porto-Ota, les Français avaient creusé un écart de trois heures sur leurs poursuivants.

Durant la troisième nuit de course, les équipes de tête ont parcouru la section F, la plus longue étape de VTT de ce championnat du monde des courses aventure, qui les a conduit jusqu’à Cargèse, sur la côte ouest de la Corse. Longue de 123 km, elle passait par le lac de Tolla, où un point de contrôle était installé sur le barrage hydroélectrique, et traversait de nombreux petits villages corses. Sans grande ascension, mais avec une succession de montées et de descentes, cette section cumulait 4 450 mètres de dénivelé positif et 5 170 mètres de dénivelé négatif. Ce relief, associé aux difficultés de progression et d’orientation de nuit, a nettement allongé les temps de parcours.
Toutes les équipes ressentent désormais la fatigue accumulée durant ces trois premiers jours d’une course particulièrement exigeante. Jusqu’à l’arrivée, la différence se fera sur leur capacité à maintenir une allure régulière, à gérer le sommeil, ainsi que la cohésion du groupe, et à limiter les erreurs malgré l’épuisement.

Les calanques de Piana, star du jour
Luberon MUC a rejoint l’aire de transition 6, sur la plage de Chiuni à Cargèse, dimanche à 11 heures, après 22 heures de VTT, soit sept heures de plus que le temps estimé par l’organisation. La difficulté de cette section va donc prolonger une épreuve qui représente déjà un défi extrême pour les meilleurs spécialistes mondiaux. Une situation fréquente sur les raids au long cours, où de nombreux facteurs influencent la progression des équipes.
Les Français ont mieux négocié que leurs adversaires les difficultés de cette nuit en VTT, creusant ainsi leur avance. Ils terminaient déjà la section suivante de kayak de mer lorsque leurs plus proches poursuivants, les deux équipes estoniennes ACE/La Sportiva et Tactical Foodpack, se mettaient à l’eau.
Cette deuxième section de kayak de mer a offert un nouveau parcours emblématique de ce voyage à travers l’île de Beauté. Sur 29 km, les équipes ont longé les falaises spectaculaires des calanques de Piana. Après avoir contourné le Capo Rosso, elles ont poursuivi leur navigation au pied des falaises rouges de ce site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO : l’un des plus beaux décors de la course.
Les équipes de tête ont de nouveau bénéficié aujourd’hui de conditions favorables, avec peu de vent. À l’approche de la quatrième nuit de compétition, leurs poursuivants espèrent profiter des mêmes conditions. La majorité des équipes devrait effectuer cette section maritime demain, après avoir terminé le long parcours de VTT. Les premières auront alors déjà pris de l’altitude, en direction du Monte Cinto, point culminant de la Corse.

MUC Raid figure au 36e rang mondial
Pour de nombreux passionnés qui suivent la course, le nom de l’équipe actuellement en tête peut surprendre. Elle n’a jusqu’ici ni occupé les premières places du classement mondial ni remporté de grand raid d’expédition.
Mais l’équipe réunie pour ce Championnat du monde en Corse possède une solide expérience et rassemble des athlètes venus de plusieurs formations françaises de premier plan.
Jonathan Brunel, Joseph Bellier, Florianne Gautier et Quentin Bajard ont ainsi couru sous les couleurs de quatre clubs : Orient’Alp, Lubéron Terre de Raid, Muc Montpellier Université Club et 400Team, numéro un mondial, avec laquelle Quentin Bajard a évolué.
Leur expérience est considérable. Cette année, Jonathan Brunel a remporté deux épreuves du circuit ARWS européen : Tierra de Cameros en Espagne, en mars, et Raid NeuchAventure en Suisse, en juin, aux côtés de Joseph Bellier. Quant à Florianne Gautier, elle retrouve la compétition après un voyage à vélo de huit mois et 11 000 km, du Maroc au Kirghizistan.
Malgré ces références, leur prise de pouvoir reste une surprise face aux trois meilleures équipes mondiales, qui possèdent une expérience bien plus importante des raids d’expédition. Reste à savoir s’ils pourront conserver leur avance de trois heures, alors qu’une grande partie du parcours les attend encore.

L’heure de la haute montagne
Trois heures représentent un écart limité sur une course de cinq ou six jours. Une erreur d’orientation ou un équipier à bout de forces peuvent rapidement bouleverser la situation. S’ils ont trop puisé dans leurs réserves durant la première moitié de la course, les Français pourraient être rattrapés par les équipes estoniennes ou par les Français de 400Team, qui semblent avoir adopté une stratégie plus prudente. Mais s’ils parviennent à maintenir leur rythme et à éviter les erreurs, le titre mondial pourrait bien leur revenir !
Pour l’heure, les leaders s’engagent dans la haute montagne pour leur quatrième nuit de compétition. Plusieurs sommets, des passages sur cordes et des sections de canyon les attendent, avec des prévisions de froid et de pluie en altitude.