Symbole de l’île de Beauté, le drapeau corse, appelé A Bandera Corsa, est l’emblème officiel de la Corse. Son motif simple mais puissant – une tête de Maure noire, bandana blanc au front, sur fond immaculé – raconte à lui seul l’histoire, la fierté et l’identité d’un peuple farouchement libre.
Officialisé au XVIIIᵉ siècle, lors de l’indépendance de la Corse sous l’impulsion de Pascal Paoli, ce drapeau incarne la dignité et la résistance, tout en étant devenu un emblème culturel universellement reconnu. À l’époque, la tête de Maure représentait la victoire sur l’oppression et l’émancipation du peuple insulaire. Le bandeau, autrefois placé sur les yeux, fut relevé sur le front pour rendre la vue au peuple corse et symboliser son indépendance. L’origine du drapeau corse est soumise à de nombreuses hypothèses mais deux d’entre elles reviennent le plus fréquemment : l’une trouve ses racines dans une légende, tandis que l’autre est avancée par les historiens.
Au XIIIe siècle, une jeune corse du nom de Diana aurait été enlevée par des Maures. Ces marchands d’esclaves adeptes des razzias auraient eu l’intention de la vendre au roi de Grenade, Mohammed. Son fiancé, Pablo, la délivra et ils rentrèrent sur l’île, dans leur ville, à Aléria. Le roi Mohammed, furieux, envoya son lieutenant Mansour pour récupérer la demoiselle. Une terrible bataille s’en suivit au cours de laquelle les Maures furent vaincus et la tête de Mansour hissée sur une pique et exposée en trophée. La légende veut que la tête de Maure a été choisie comme symbole pour rappeler ce jour de victoire et l’insoumission du peuple face au courroux du roi.
Autre origine prétendue, mais cette fois-ci l’histoire se déroule au XVIe siècle, du temps où la Corse appartenait au roi d’Espagne Philippe II. Chaque possession devant disposer d’un emblème officiel, c’est le géographe italien Mainaldi Galerati qui proposa de reprendre les armoiries de la Sardaigne, en mettant non pas quatre têtes mais une tête de Maure.
« Le bandeau sur les yeux est un symbole de soumission ; je le place sur le front pour signifier la liberté. »
Pascal Paoli