JOUR 1 : LE RESUME

Ce matin à 6 heures, 98 équipes représentant 30 nations se sont officiellement élancées du cours Pascal-Paoli, à Corte, donnant le coup d’envoi du Championnat du monde des courses aventure 2026 : ARWC 2026 – Corsica is Magic. Ce départ matinal faisait suite au prologue organisé mercredi dans la Citadelle historique de Corte. Un premier rendez-vous sportif spectaculaire, au cours duquel les équipes étaient accompagnées par des élèves de la Cité scolaire pour rechercher des balises faisant référence à la culture et à l’histoire corses.

Dès 4 heures ce matin, les équipes ont commencé à rejoindre la place Tuffelli pour préparer leur départ dans le Championnat, récupérer leurs balises satellites et placer sous scellés les téléphones d’urgence qu’elles transportent. Devant elles : une expédition de 500 km non-stop, en autonomie totale, avec une navigation exclusivement à la carte et à la boussole, sans GPS. Au programme : trek, VTT, packraft, kayak de mer, canyoning et sections sur corde à travers la Corse.

Les équipes évoluent en totale autonomie, dans le respect de la nature et de l’environnement, et doivent rester groupées en permanence. Si un équipier abandonne ou si le téléphone d’urgence est descellé pour appeler une assistance, l’équipe est éliminée de la course. Le chronomètre, lui, ne s’arrête jamais : les concurrents progressent de jour comme de nuit.

Après l’effervescence du départ, la première section a immédiatement plongé les concurrents au cœur du réseau fluvial de l’île, avec 1,5 km de trek dans le lit du Tavignano. Après avoir franchi la passerelle située à la confluence avec la Restonica, ils ont rejoint la première zone de transition, TA1, au chemin du Fussadu. Ce n’est qu’à leur arrivée qu’ils ont reçu les cartes des six premières sections de la course et découvert dans le détail l’itinéraire exigeant qui les attendait.

Au lever du jour, les équipes ont quitté TA1 pour attaquer la section B, un parcours de 42 km en VTT et 1 100 mètres de dénivelé positif, en direction de TA2, installée sur le terrain de moto-cross d’Ernella. L’itinéraire empruntait notamment une ancienne voie romaine jusqu’au village perché de Santa-Lucia-di-Mercurio, dans un décor particulièrement spectaculaire. Par endroits, les pentes étaient si raides que les concurrents ont dû pousser leurs vélos.

Au checkpoint 1, ils sont passés devant la chapelle Sant’Antone avant de traverser Piedicorte-di-Gaggio. La dernière descente, rapide et grisante, s’est effectuée sur un single track particulièrement technique. Les concurrents ont décrit une section variée et exigeante, avec davantage de single track que sur de nombreuses autres courses, de magnifiques panoramas sur les montagnes… mais aussi beaucoup de passages où il a fallu pousser le vélo !

Christophe Aubonnet, coureur expérimenté ayant participé à de nombreuses courses d’expédition conçues par le directeur de course Pascal Bahuaud, témoignait : « Il a fallu se réveiller tôt ! C’était une section avec plusieurs choix d’itinéraires, donc il fallait rester très attentif à la carte, avec quelques passages difficiles. C’est ce que nous attendons de cette course : c’est pour cela que nous venons. »

Pour certaines équipes, cette première partie de course a déjà été marquée par la malchance ou des erreurs. Une équipe néerlandaise a détruit une roue de vélo, tandis que la seule équipe néo-zélandaise engagée dans la course a dû faire face à une suspension cassée sur le vélo de Jo Williams, double championne du monde. L’équipe Kailas Fuja, composée de concurrents brésiliens et thaïlandais et classée n°3 mondiale, a quant à elle emprunté le mauvais itinéraire. Cette erreur de navigation lui a coûté plusieurs heures et l’a reléguée parmi les équipes de l’arrière du peloton. Un retard qu’il sera difficile de combler pour l’une des équipes annoncées parmi les favorites de la course. D’autres concurrents ont chuté et sont arrivés à TA2 avec quelques égratignures et secoués, mais toujours déterminés. Aucune de ces équipes n’entend pour autant renoncer. L’Adventure Racing consiste précisément à surmonter les difficultés : les vélos seront réparés d’une manière ou d’une autre, la douleur dépassée et les erreurs oubliées pour se concentrer sur la suite.

Les difficultés viennent aussi du terrain. C’est particulièrement le cas sur la section C, une descente de 30 km en packraft sur le Tavignano, à travers des gorges étroites habituellement animées de rapides d’eau vive. Après un été sec, le niveau de l’eau est aujourd’hui exceptionnellement bas. Les équipes alternent donc de courtes portions de navigation sur les eaux calmes des gorges et de nombreux portages de leurs embarcations à travers le lit rocheux de la rivière.

Lors de cette première journée de course, les équipes françaises occupent une place importante aux avant-postes, avec plusieurs formations dans les neuf premières positions à l’approche de la transition 3. Parmi les équipes de tête figure la n°1 mondiale et championne du monde 2024, 400team Altore.

À la tombée de la nuit, les équipes les plus rapides devraient entamer la section D, une étape de 36 km en kayak de mer, d’Aléria jusqu’à TA4, à Solaro. La section commence à la sortie du réseau fluvial, avec la traversée de l’embouchure sauvage du Tavignano lorsqu’il rejoint la mer Tyrrhénienne.

Les concurrents poursuivront ensuite leur progression vers le sud, en passant par le checkpoint 2 (CP2), situé sur la plage de Migliacciaru, avant de rejoindre les rives de la Solenzara au début de la deuxième journée.

La course peut être suivie depuis le site arwc2026.com en cliquant sur Live tracking pour accéder au suivi satellite permanent de toutes les équipes.

Les premières équipes sont attendues sur la ligne d’arrivée, sur la plage de L’Île-Rousse, à partir du 6 octobre. D’ici là, plusieurs journées particulièrement exigeantes les attendent encore, entre endurance, découverte et aventure, au fil d’une traversée qui devrait leur permettre de comprendre pleinement pourquoi « Corsica is Magic ».