JOUR 2 : LE RÉSUMÉ

À la tombée de la nuit, jeudi, les meilleures formations françaises menaient encore la course, alors que les équipes s’engageaient en kayak de mer entre Aléria et Solaro. Vingt-quatre heures plus tard, Estonia ACE/La Sportiva, deuxième au classement mondial, avait creusé l’écart sur le plateau du Coscione, en direction de l’aire de transition de Zicavo (TA5).
Derrière, leurs compatriotes de Tactical Foodpack se sont hissés à la deuxième place. Des équipes espagnoles, finlandaises et canadiennes ont également rejoint les dix premières positions. Les Brésiliens de Kailas Fuja, troisièmes au classement mondial, poursuivent quant à eux une belle remontée après leur coûteuse erreur d’orientation en début de course.

Une nuit en mer, entre calme et lutte contre le sommeil
Les conditions étaient idéales pour cette première nuit de navigation. Mais sur une mer calme, dans l’obscurité, rester éveillé est un défi à part entière. « Mes coéquipiers chantaient et me posaient des questions pour m’empêcher de m’endormir… sans toujours y parvenir ! », raconte Adam Rose, de l’équipe britannique Beacon AR. Le lever du jour a été accueilli avec soulagement. Il a aussi révélé un panorama spectaculaire sur les aiguilles de Bavella, dont les sommets granitiques annonçaient la suite du programme.
À Solaro, les équipes ont porté leurs kayaks à travers les dunes pour rejoindre TA4, avant de repartir à pied. Pour certaines, cette transition a été l’occasion d’une première vraie pause. 400team Altore a ainsi choisi de dormir deux heures avant d’aborder l’une des sections les plus éprouvantes du parcours. D’autres ont préféré poursuivre sans s’arrêter.
La gestion du sommeil commence donc à peser sur la course. Chaque équipe doit cumuler dix heures de sommeil obligatoires sur les points de contrôle ou les aires de transition, avec présence de bénévoles. Reste à choisir où et quand les prendre : une décision qui pourrait faire la différence dans les jours à venir.

Bavella et l’Incudine : le grand morceau de cette première partie de course
Dans l’après-midi, toutes les équipes avaient achevé le kayak et commencé la section E : un trek de 72 kilomètres et 4 320 mètres de dénivelé positif à travers les aiguilles de Bavella et le mont Incudine.Cette étape reine concentre les difficultés : une orientation exigeante, du maquis et des terrains rocheux où chaque progression demande de l’attention. Les équipes ont d’abord traversé le canyon du Fiumicelli, alternant nage, sauts, escalade et marche dans le lit de la rivière, entre les falaises et les blocs. Dans ce passage, l’aisance technique pouvait faire gagner un temps précieux. Plus loin, c’est la précision de la navigation qui devenait déterminante pour trouver les balises.
C’est au fil de cette journée qu’Estonia ACE/La Sportiva a affirmé sa position en tête. Au passage du col de Bavella, au CP5, Tactical Foodpack occupait désormais la deuxième place. Après les Français la veille, les Estoniens ont marqué cette deuxième journée de leur empreinte.

Une deuxième nuit sous une météo plus difficile
La nuit à venir s’annonce éprouvante. Toutes les équipes seront en montagne, engagées dans cette longue section E, dont la durée est estimée à plus de 24 heures pour les plus rapides et à plus de 40 heures pour les moins rapides. À la difficulté du terrain et à l’obscurité s’ajoute une dégradation de la météo : les nuages orageux recouvrent les reliefs, avec de fortes averses et un brouillard épais. La course reste pourtant loin d’être jouée. Plusieurs jours d’effort seront nécessaires pour rejoindre L’Île-Rousse, ce qui pourrait à nouveau bouleverser le classement. Les premières équipes ne sont pas attendues à l’arrivée avant le mardi 6 octobre, au plus tôt.