Diana Saliceti est la marraine des Championnats du monde des courses aventure 2026 ; elle partage ce rôle avec le traileur Guillaume Peretti. Née à Ajaccio, cette artiste corse a grandi entre la ville et les hauteurs sauvages de l’intérieur. Chanteuse, journaliste, agricultrice, cavalière, en septembre 2026, elle sera la voix de l’ARWC 2026, le temps de deux instants suspendus. Elle transporte ce que les Corses appellent u versu : cette façon unique d’interpréter de toute son âme quand on chante. Une qualité que Diana possède depuis que, enfant, dans les villages de montagne, elle entendait résonner les polyphonies et trouvait aux chanteurs des airs de surhommes.
Après des études de lettres et un master en littérature comparée entre l’Espagne, l’Irlande, le Québec et la Corse, la jeune femme travaille dans les médias. Formée à l’art polyphonique au sein d’associations comme A Scola di u Cantu et U Filu d’Amparera, elle se lance dans ses propres créations : un répertoire en langue corse ancré dans la tradition polyphonique, avec une pointe de modernité. La native d’Ajaccio participe à deux reprises au concours de l’Eurovision des langues minoritaires, en 2008 et en 2012. Et, en 2015, son album Forse l’ancre définitivement parmi les voix incontournables de l’île. En quelques années, sans forcer, Diana Saliceti s’impose comme une figure incontournable du paysage musical insulaire.
Puis vient le Covid. Et avec lui, non pas l’arrêt, mais la bifurcation. L’enfant du pays crée une entreprise agricole à Porto Pollo – L’Orca Agri-cultura & Cavalli – entre huile d’olive, apiculture et élevage de chevaux corses, et s’installe définitivement dans ce village du sud devenu le cœur de sa vie. Le cheval tient une place à part : animal de sport et d’esprit, compagnon avec lequel la communication passe par autre chose que les mots. C’est grâce à eux qu’elle renoue avec ses ancêtres, en remontant jusqu’à 1 000 mètres d’altitude, là où les siens passaient l’été entre les estives et le ciel. À 38 ans, elle prépare un nouvel album, So Tessuta (Je suis tissée), attendu pour la fin de l’année. Tissée par la Corse, les rencontres, les voyages, et par un univers musical qui s’ouvre au folk, au rock, à l’électro, sans jamais trahir ses racines.
C’est cette Diana-là que l’ARWC 2026 a invitée aux deux instants les plus symboliques de l’événement. Pour la cérémonie d’ouverture à Corte, elle chantera U Mio Paese (Dans mon pays), une chanson née en montagne, inspirée de la beauté des hauteurs corses. Un choix qui résonne parfaitement avec ce que les 400 athlètes s’apprêtent à vivre : l’entrée dans un territoire, avec tout ce que cela exige de respect et d’humilité.
Pour la cérémonie de clôture, la marraine offrira quelque chose de plus intime encore : l’hymne corse, accompagné d’une petite harpe. Après des jours d’effort et des nuits sans sommeil, ce sera le moment du recueillement, la Corse disant merci à ceux qui l’ont traversée.
Diana Saliceti le dit elle-même : elle voit le chant comme un lien privilégié avec les gens de sa terre. Ce lien, le temps de deux chansons, elle le tissera aussi avec les coureurs du monde entier. Corsica is magic. La chanteuse offrira ce que ni le chrono ni le classement ne peuvent mesurer : l’âme d’un territoire.